Karine Martin

Présidente et co-fondatrice

Mediabiz International

Mis en ligne le 02/07/18

Karine Martin a plus de 20 ans d’expérience dans l’industrie du cinéma et de la télévision. Depuis 2002, elle est présidente de Mediabiz, un groupe dédié au développement, au financement et à la production de contenu de qualité sur toutes les plateformes pour le marché mondial. Débutant sa carrière professionnelle en tant qu’avocate en droit des arts et spectacle, elle a rapidement réalisé que sa vocation était dans les arts. Depuis qu’elle a changé de carrière, elle a été productrice, productrice exécutive ou productrice financière dans plus de 40 projets de télévision et de cinéma. Plusieurs d’entre eux ont remporté des prix à travers le monde entier, y compris au Canada, où Karine a reçu le prix Canadian Screen Award pour la meilleure mini-série dramatique pour Magic Beyond Words: The JK Rowling Story.

“Quand je regarde ce que je fais maintenant, je pense qu’en commençant dans le domaine, je ne pensais même pas que ce soit possible que j’occupe cette fonction. Ça me semblait inatteignable.” 


Comment expliques-tu ton métier à quelqu’un qui ne connaît rien de ce que tu fais?
Je produis des films et des séries télévisuelles en prise réelle ou en animation, et je gère un fonds media. Mon but est de bâtir un mini studio international. Nous avons maintenant les composantes de financement et de production. Je souhaite ajouter le volet d’exploitation et devenir réellement un studio international.

Quel moment ou quel projet a fait réellement déclencher ta carrière?
Lors de ma rencontre avec Claude Chamberland (fondateur du Festival du Nouveau Cinéma à Montréal) à l’âge de 27 ans, j’ai décidée de quitter la pratique du droit en cabinet privé pour travailler comme avocate dans une boîte de production de films. J’ai commencée au bas de l’échelle dans cette entreprise mais c’était le début de mon cheminement dans le domaine des arts et spectacles.

Quel a été ton plus grand risque en carrière?
Mon plus grand risque était lorsque j’ai quittée mon emploi dans une boîte de production à Los Angeles pour revenir à Montréal en voiture et fonder avec mon mari notre compagnie de financement de films.

Quel a été ton plus grand accomplissement ou fierté?
Je dirais d’avoir réussi à maintenir un équilibre familial avec mon mari et mes trois enfants tout en ayant fondée avec mon mari une entreprise internationale dans un domaine qui me passionne.

Comment perceviez-vous votre métier avant de plonger dans la réalité que vous êtes à l’heur actuelle?
Mon métier a tellement évolué au cours des années. Quand je regarde ce que je fais maintenant, je pense qu’en commençant dans le domaine, je ne pensais même pas que ce soit possible que j’occupe cette fonction. Ça me semblait inatteignable et je pensais que ce rôle était réservé à des gens qui avaient un tout autre parcours que le mien. Ce que je trouve fascinant de mon industrie est que je ne cesse pas d’apprendre. De plus mon industrie est en constante évolution. Je ne m’attendais pas à pouvoir occuper une fonction aussi polyvalente dans une industrie qui m’a toujours fascinée. Je suis très à l’aise dans  mes fonctions mais je suis très consciente que je ne cesse d’apprendre tous les jours.

Quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face dans votre vie professionnelle ?
Mon industrie est en mutation majeure en ce moment. Une grande partie de mon travail est de prévoir ce qu’un auditoire voudra regarder dans 2 ans parfois même plus tard. Il faut également être à l’avant-garde des changements technologiques sans toutefois être trop à l’avance. Nous collaborons aussi sur des projets très ambitieux ce qui implique nécessairement des partenariats avec plusieurs groupes, souvent étrangers, pour un même projet. Il faut donc gérer les attentes de tous les partenaires tout en maintenant l’excellence du projet. J’ai aussi plusieurs défis personnels tel que les nombreux déplacements entre nos bureaux à Montréal et nos bureaux à Los Angeles tout en élevant une famille de trois enfants.

Quels sont les défis d’être une femme dans l’industrie du
entertainment ?
En fait, mon expérience dans le monde du cinéma et télé a été beaucoup plus positive en tant que femme que mon expérience en tant qu’avocate en cabinet. Mes défis n’ont jamais été liés au fait que je suis une femme dans l’industrie. Mais je suis tout à fait consciente que pour de nombreuses femmes c’est tout un défi.

Expliquez-nous votre cheminement de Montréal à Hollywood.
J’ai commencé ma carrière comme avocate en droit de la faillite et je n’étais pas très heureuse dans mes fonctions. Grâce à un ami de la famille j’ai rencontré un avocat spécialisé dans le domaine du droit des arts et spectacles. Il m’a conseillé de rencontrer le vice-président affaires légales d’une compagnie de production à Montréal qui cherchait à recruter un(e) jeune avocat(e). J’ai été embauché mais j’ai rapidement compris que je souhaitais développer une expérience internationale dans le domaine. Je suis donc retournée en cabinet pour acquérir une expérience de financement de films. Cette expérience m’a permis de rencontrer un producteur américain qui cherchait à embaucher un(e) avocat(e) pour sa compagnie de production à Los Angeles. Il m’a engagée et j’ai vécu deux ans à Los Angeles. Depuis mon retour à Montréal, j’ai continuée à développer mon réseau à Los Angeles et ailleurs dans le monde. Les gens de l’industrie ont commencés à me connaître comme la productrice, l’avocate et la financière qui oeuvre un peu partout dans le monde à partir de Montréal. J’ai donc été approchée pour fonder, en association avec une investisseure américaine, une compagnie de production et de financement de films et de séries TV basée à Los Angeles, mais pour des projets internationaux. Je vis maintenant entre Montréal et Los Angeles depuis 1 an.

“L’échec est une excellente source d’apprentissage. Il faut voir dans ses échecs une occasion d’apprendre et de s’améliorer.”


Quel a été ton meilleur conseil reçu?
Mon meilleur conseil reçu a été d’oser me définir dans le cadre de mes fonctions comme non seulement une avocate, mais également de reconnaître mes capacités en tant que chef d’entreprise et comme créatrice dans mon domaine.

Qui a été votre plus grand mentor?
Mes deux principaux mentors ont été Arnold Messer, le président et COO de Phoenix Pictures Inc., et David Clark, l’ancien président chez Loto Québec.

Karine Martin est la co-fondatrice et PDG de Mediabiz, et la PDG de Starlings Entertainment. Elle a participée au développement et à la gestion de structures financières et de productions complexes dans des projets de cinéma et de télévision à travers le monde entier. Ses qualités personnelles, son professionnalisme et ses compétences lui ont assurée le respect et le soutien de partenaires et de mentors de haut niveau. C’est ce savoir-faire qui lui a permis de créer un groupe unique au Canada et de remporter le Prix des femmes d’affaires du Québec en 2017 dans la catégorie « cadre, dirigeante ou professionnelle, entreprise privée ». Karine est également membre du Forum international des femmes, membre du conseil d’administration de L’Académie Marie-Claire, Les Trésors de Marie-Claire, La Maternelle de Marie-Claire et la Maison Enchantée des entreprises oeuvrant dans le domaine de l’éducation et la petite enfance, et co-fondatrice du groupe NSPire, un groupe d’entreprises visant à produire des films qui inspire les personnes de toutes les générations à se dépasser.